Crise d'angoisse : que faire sur le moment, et après ?
Le cœur s'accélère sans raison. La poitrine se serre, les mains fourmillent, l'air semble manquer. Et cette pensée qui s'impose : « je vais mourir » ou « je deviens fou ». Une crise d'angoisse dure en général quelques minutes, une vingtaine au plus. Sur le moment, elle paraît interminable.
C'est l'une des demandes les plus fréquentes au cabinet. Voici ce que j'explique aux personnes que je reçois.
Ce qui se passe dans le corps
Une crise d'angoisse, c'est le système d'alarme du corps qui se déclenche alors qu'il n'y a pas de danger réel. Le cerveau envoie le même signal que face à une menace : l'adrénaline monte, le cœur bat plus vite pour envoyer du sang aux muscles, la respiration s'accélère.
Le problème, c'est que ces sensations font peur à leur tour. On les interprète comme le signe d'un malaise grave, la peur augmente, l'alarme redouble. C'est ce cercle qui entretient la crise.
Une première fois, il faut toujours consulter un médecin, pour s'assurer que le cœur ou la respiration ne sont pas en cause. Et en cas de doute pendant une crise, on appelle le 15.
Pendant la crise
L'objectif n'est pas d'arrêter la crise de force : plus on lutte, plus elle s'accroche. On cherche plutôt à envoyer au corps le signal que tout va bien.
Ralentir l'expiration
Inspirez par le nez en comptant jusqu'à 4, puis soufflez lentement par la bouche en comptant jusqu'à 6 ou 8, comme dans une paille. C'est l'expiration longue qui calme le cœur. Recommencez une dizaine de fois.
Revenir dans la pièce
Nommez à voix basse cinq choses que vous voyez, quatre que vous pouvez toucher, trois que vous entendez. Ça paraît simple, et c'est voulu : l'attention quitte les sensations qui font peur pour se poser sur ce qui est là.
Se rappeler que ça va passer
Une phrase courte aide : « c'est une crise d'angoisse, c'est désagréable, ce n'est pas dangereux, ça va passer ». La dire même sans y croire tout à fait.
Après la crise
Beaucoup de personnes s'en sortent seules après une ou deux crises isolées. On consulte quand elles reviennent, quand on commence à éviter des lieux ou des situations (la voiture, les magasins, les transports) de peur d'en refaire une, ou quand l'angoisse est là en fond, tous les jours.
En séance, on cherche ce qui déclenche les crises et ce qui les entretient. L'hypnose aide à désamorcer la réaction de peur et à retrouver un état de calme que vous apprenez à rappeler seul, grâce à l'autohypnose. Si les crises ont commencé après un événement précis (accident, agression, deuil brutal), l'EMDR permet de retraiter ce souvenir.
En thérapie brève, on compte en général entre 1 et 10 séances. Les séances ne remplacent pas un traitement prescrit par votre médecin : elles viennent en complément.
